Regard sur Incendies

Funambule

Posted by anaïs sur 25 mai 2009

C’est aujourd’hui une journée en marge, une journée à côté, une journée en suspens, comme le silence d’une phrase musicale. Beaucoup de grandes et petites choses à raconter mais incapable de saisir les mots pour le faire, volatiles.

Étrange de frôler la guerre ainsi. De marcher en funambule entre le vrai et le faux. Aujourd’hui, je perds l’équilibre.

Checkpoint

Aujourd’hui encore, 160 figurants bloqués au checkpoint. 160 réfugiés irakiens desquels je butine les histoires d’exil, de chaos, de fin de vie. Entre deux «Action» criés au porte-voix, entre deux «Coupez » comme les têtes qui ont roulées, qu’ils me racontent le bébé à l’épaule et la sueur au front.

La réalité et la fiction s’embrassent et se confondent. Étourdissante valse. Tragique et grandiose. Aujourd’hui je perds l’équilibre.

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4 Réponses to “Funambule”

  1. Brigitte Poupart said

    Chère Nana funambule,
    Toi que je connais peu mais qui me fascine par ton talent. Tes récits de voyage sont délectables, pleins de saveurs comme les mets que tu nous décris. J’ai l’imaginaire qui fourmille d’images. Pour le plaisir de tes lecteurs, continue de butiner les histoires d’autrui car à travers elles, je mesure mon ignorance face au monde arabe. Je suis pour la cause des palestiniens d’un point de vue théorique et politique. Mais, tu me fais découvrir un autre territoire, celui plus souterrain de la douleur et de l’intime. Un territoire humain et non seulement géopolitique. nous nous croyons en équilibre alors que le reste du monde perd l’équilibre.
    La réalité me semble dans ce cas ci plus éloquente que la fiction.
    Amitiés
    Brigitte

    • anaïs said

      Merci Brigitte, vraiment. C’est étrange de constater que je suis lue… j’oublie que ça se peut.
      Je suis touchée de pouvoir t’entrouvrir une porte sur certains morceaux de territoires humains.
      Je plonge moi-même tête la première chaque fois.
      Merci de partager le plongeon, il devient mois brutal.
      Au plaisir
      xx
      anaïs

  2. maman said

    Allo chérrrrrrrrie,

    J’imagine un peu ce que tu vis, entre la réalité absolument terrible et la fiction qui tente d’être à la hauteur, et qui connaissant Denis, risque en effet de l’être.

    Ce texte est particulier, (ce que tu vis encore plus) et je comprends que tu sois à la recherche de l’équilibre.

    Je comprends moins cette phrase:
    et les têtes qui ont roulées, qu’ils me racontent le bébé à l’épaule et la sueur au front.

    becs becs becs

    maman

    • anaïs said

      C’est que les figurants, les réfugiés, me racontent les têtes tranchées de leurs camarades en attendant la prochaine prises. Le bébé couché sur l’épaule et la sueur au front… fait chaud en criss par ici…
      xx
      c’est ça.
      t’m.
      ta figue

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