(ou Luc Déry et Kim McCraw, l’inénarrable paire de producteurs à la tête de l’Épopée)

Ils ne sont pas toujours là mais jamais absents. Ils ne sont pas toujours ensemble mais jamais l’un sans l’autre. L’inénarrable paire, l’ineffable duo, l’incomparable alliance que forment Al Teer et El Asad se résume en peu de mots. Il est l’aura, elle est le corps. Il est l’air, elle est le feu. Leur simple présence donne envie d’exister.
Al Teer plane au-dessus du plateau de tournage, se pose en douceur exactement là où il faut pour avoir une vue d’ensemble sur l’orchestration de l’Incendie. Ses yeux brillants, vivantes petites billes noires, parcourent le spectacle. D’Al Teer émane un contrôle paisible de la situation. Une intelligence aiguisée. Sous ses plumes, comme un trésor bien gardé, une gentillesse unique, brute : du grand cru qu’elle ne distribue qu’authentiquement, jamais pour faire plaisir, jamais pour faire la belle. La Tourterelle est pure et c’est si rare.
Quand Al Teer se rapproche de la terre, c’est pour glisser une note, parfaitement juste, au Tannan. Ou pour rejoindre sa moitié. Couple inédit. La Lionne, qui avance au milieu de la jungle. Tous l’ont choisie reine, mais elle ne le sait pas. À travers sa lente démarche et son regard de fin du monde elle est une source intarissable à laquelle tous s’abreuvent. On se sent plus fort quand on est à côté d’elle alors on y est souvent. El Asad génère une force centrifuge, un charisme éblouissant. À son contact, tous deviennent un. Elle crée l’Arche de Noé, génère avec doigté la subtile cohésion qui transforme le groupe en famille.
Pendant que, perché sur le mât central, Al Teer maintient le cap du voyage, El Asad veille à la chimie des passagers. Avec eux, on irait partout et n’importe où. La Tourterelle et la Lionne ensemble inventent un tour du monde. E la nave va, fendant les flots, bravant les ouragans, embrasant les océans.